PROB | "C'était Verdun"

lundi 03 juin 2019

Revue de presse

Pro B - Play-offs d’accession (quart de finale retour) : Après la victoire du BCGO face à Vichy-Clermont (90-85)

Gries-Oberhoffen a déployé des ressources insoupçonnées pour renvoyer Vichy-Clermont, 3e de la saison, à ses chères études. Exemplaires d’engagement et de lucidité, les Verts n’en finissent plus de repousser leurs limites.

À la question : « quelles sont les limites de cette équipe ? », Ludovic Pouillart a eu la réponse la plus spontanée du monde, samedi, juste après le match. « Je n’aime pas fixer de barrières aux joueurs. Jamais. On va jusqu’où on mérite d’aller. C’est notre adversaire qui va nous fixer la limite, pas nous. »

Comme ses joueurs, le technicien du BCGO a fini la partie en transe, en nage même, flanquée d’une chemise imbibée de sueur. La conséquence des températures caniculaires de ce week-end mais aussi, et surtout, d’un match qui fut d’une intensité extrême, de bout en bout.

« On prend des options défensives atypiques et surtout, on fait les efforts les uns pour les autres ».

Rarement, peut-être même jamais, les planches de la Forest Arena n’avaient été le théâtre d’une telle guerre de tranchées. Une bataille de titans qui a vu la qualification en demi-finale des play-offs des Griesois face à Vichy-Clermont (en deux manches sèches donc).

« C’était Verdun, confirme Ludovic Pouillart. On a fait un truc de grand. C’est passionnant les matches comme ça. J’étais à fond, et j’ai tout fait pour galvaniser les joueurs, et le public », ajoute-t-il, lui qui a harangué la foule plusieurs fois dans les dernières minutes de jeu.

Le combat s’est étendu sur deux heures, alors qu’un match du BCGO dure, en général, 1h40, preuve, là aussi, de la ténacité presque acharnée des deux équipes.

« On ne va pas se mentir, on n’a pas forcément de grand défenseur dans nos rangs, confesse Yann Siegwarth, mais on prend des options défensives atypiques et surtout, on fait les efforts les uns pour les autres. On est soudé, et ça fait la différence. »

« C’est dans l’ADN de cette équipe, renchérit Ludovic Pouillart. Certains joueurs m’ont haï, voire insulté cette année, parce que je ne fais pas dans la dentelle ou la psychologie avec eux… mais quand je vois le résultat, je suis vraiment heureux pour mes gars. »

Plus que la qualité du jeu, que l’on a souvent plébiscitée, c’est surtout la force de caractère et la concentration infaillible des Verts qui sont saisissantes depuis le début des play-offs. Samedi, ni l’exclusion prématurée de Forcada en début de troisième quart, ni les trois fautes techniques sifflées à leur encontre en l’espace de huit minutes, n’ont fait dévier les Alsaciens de leur trajectoire.

L’effet de surprise ne fait pas tout

Que dire aussi du public de la Forest Arena qui, devant le spectacle proposé, a opéré sa mue et n’a pas cessé de s’extasier des paniers de ses protégés ou d’apostropher avec virulence le corps arbitral.

« Le fait que certaines décisions n’aient pas plu au public, ça a presque été bénéfique pour nous, commente le numéro 13 des Green boys. Ça a transcendé les supporters, et ça nous a portés.»

Et si une place dans le top 5 est une concrétisation incroyable pour le promu, l’effet de surprise ne fait plus office d’explication. Toute la saison en effet, le BCGO a assumé avec sans complexe son rôle de « poil à gratter » du championnat comme le dit si bien Yann Siegwarth, grâce à une envie insatiable.

« Maintenant, c’est Rouen ( tombeur de Blois en deux matches ndlr ) qui se dresse face à nous pour une place en finale. C’est une équipe très physique, on n’aime pas forcément ça, mais on est prêt à un autre combat. On n’a pas de pression, l’objectif, c’était le maintien, donc là c’est du bonus, même si on veut aller le plus loin possible», conclut l’arrière de Gries, qui n’est plus qu’à 80 minutes de jouer la finale.

 

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