PRO B | On fait le point avec Ludovic Pouillart et Thomas Lotz

mardi 25 juin 2019

Pro B

« Faire de Gries une place forte »

A peine le temps de savourer une saison très aboutie sportivement, avec notamment une accession en demi-finale des play-offs, que la direction et le staff du BCGO mettent déjà les bouchées doubles depuis dix jours pour préparer la saison prochaine. Quel bilan tirer de cette première année en Pro B? Quels sont les objectifs du club pour l’exercice 2019/2020? Qui reste? Qui part? Entretien.

La saison s’est achevée il y a dix jours. Que retenir de cette première année en Pro B?

Ludovic Pouillart: Sur le plan sportif, ça a été une saison positive. On a été au-delà de toutes les espérances que l’on pouvait avoir au départ. Faire les play-offs, en début d’année, ce n’était pas dans les plans. Finalement, on perd en demi-finale d’une possession à chaque fois contre Rouen, et on se retrouve presque frustrés, voire en colère, de la manière dont ça s’est passé. Donc c’est plutôt pas mal.

Thomas Lotz: Plus que la montée sportive en Pro B, il a fallu aussi assumer les changements structurels. L’an dernier à cette époque, on flippait, mais je crois qu’on a passé l’examen avec succès. On a gagné en professionnalisme, on a eu de bons retours des autres clubs qu’on a accueillis. La billetterie, l’accueil des adversaires, les partenaires...; on est fiers d’avoir su passer le cap, même si évidemment, on continue d’apprendre.

Le budget était de 1,2 million d’euros l’an passé. Et cette année?

TL: On aimerait passer à 1,4 million voire plus si possible. Notre économie reste fragile même si l’an prochain, contrairement à la saison écoulée, on ne devrait plus être la plus petite masse salariale (480 000 euros cette année). On restera malgré tout dans le bas du classement. Pour l’instant, on a progressé plus vite au niveau sportif que sur le plan économique. On a atteint les demi-finales, où on était clairement le petit poucet en termes de budget. On est contents.

On ne pouvait donc pas rêver mieux…

TL: De l’extérieur, ça a pu paraître tout rose mais en interne, la gestion humaine du groupe a parfois été difficile. Ça fait partie de choses qui se passent dans un vestiaire, mais je voudrais surtout remercier les joueurs et le staff pour leur travail et les résultats extraordinaires qu’on a eus pour cette première année en Pro B.

LP: Bizarrement, la première moitié de saison, où on est troisièmes à la trêve nous a peut-être fait mal à la tête. On a oublié d’où on venait et qui on était. Pour moi, il y a eu un avant et un après. Notre statut a changé à ce moment-là et certains ont parfois, c’est mon sentiment, pensé davantage à leur sort individuel qu’au bien du collectif. C’est pour cela que j’ai « placardisé » certains joueurs à certains moments de la saison. Même si ça affaiblissait l’équipe, j’avais l’impression qu’il fallait ça. Après, on a vécu une saison où on a toujours été « play-offables ». C’est assez dingue. Ça a été assez grisant, notamment pour certains joueurs, qui jouaient pour la première fois à ce niveau ou qui, en tout cas, avaient pour la première fois de telles responsabilités.

La saison est terminée depuis une dizaine de jours. C’est déjà la suivante qui se profile. Qui restera au club?

TL: On voulait reconstruire la prochaine équipe autour de quatre joueurs: Asier (Zengotitabengoa) et Xavi (Forcada) qui sont, en théorie, toujours sous contrat, puis Olivier (Cortale) et Yann (Siegwarth). On a un peu subi les envies de chacun. Olivier avait réglé sont sort assez vite en signant à Roanne. Yann a demandé une revalorisation de salaire qu’il était trop difficile de lui accorder. Quant à Xavi, il veut tenter sa chance en Jeep Elite, ce qu’on peut comprendre: il a été élu MVP de N1, une division où il a aussi gagné le titre de champion de France et il a nommé dans le meilleur « cinq » de la Pro B. Pour lui, c’était le bon moment. Seul Asier, restera donc au BCGO. Pour les autres joueurs, ce sont des choix, sportifs ou humains, mais qui ne remettent pas en cause ce qu’ils ont apporté au club.

LP: J’ai décidé, pour ma part, de rester au club une année de plus. A un moment, j’ai hésité, c’est sûr, et j’ai eu quelques appels, en Pro B, et même un club ou deux en Jeep Elite. Mais ce qui m’a incité à rester là, c’est que je sens la volonté du club de continuer à grandir et à se solidifier. On veut essayer de faire de Gries une place forte du basket, et c’est un beau challenge.

TL: Je pense qu’on a encore une page à écrire avec Ludo. On sait que ça durera pas éternellement, et qu’il aura des envies d’ailleurs un jour, mais le fait qu’il reste au moins encore un an, c’est un bon indicateur qui atteste que le BCGO veut continuer de grandir.

Et le reste du staff? Il va aussi y avoir la gestion du centre de formation l’an prochain…

TL: Maxime Bureau ne sera plus des nôtres l’an prochain. Cela s’est fait d’un commun accord. Il arrivait à la fin de son contrat. C’est à la fois un choix de vie et du club. Pendant deux ans, il s’est défoncé et a travaillé comme un dingue pour Gries. Il part avec un titre de champion de France, et je veux vraiment lui dire merci. Concernant, le centre de formation, c’est le projet de Julien Zoa, qui sera le nouvel assistant de Ludo. Il sera aussi impliqué dans la gestion sportive du centre de formation puisque c’est son bébé. Deux autres entraîneurs rejoindront le staff du centre de formation pour, là aussi, continuer de se développer.

LP: Notre priorité est aussi que le centre de formation préserve son identité régionale. Il n’y aura quasi que des Alsaciens l’an prochain. De toute la région, et ça correspond vraiment à ce qu’on voulait.

Concernant l’effectif donc, il y a du travail…

TL: Tout reconstruire n’est pas forcément enthousiasmant, c’est sûr. Mais on l’a déjà fait par le passé en ayant de bons résultats. Ce qu’on veut surtout, c’est reconstruire autour de notre identité de jeu. On sait que notre basket fonctionne et continue de l’affiner. On aimerait aller au bout de l’idée et de notre conception. A nous de trouver cette potion magique qui fait que la mayonnaise va prendre et que l’alchimie va se faire. A chaque fois, c’est un pari, un puzzle à assembler pour trouver le bon équilibre. Mais le plus important, c’est de ne pas se tromper d’objectif: l’an prochain, on visera le maintien. Cette saison, se qualifier en demi-finale, c’est un exploit, il faut bien comprendre cela, et rester réalistes. Si on se maintient confortablement l’an prochain, on sera très contents. 

LP: L’équipe gardera l’accent espagnol. Certains noms ont déjà fuité mais on ne va pas en dévoiler tant que ce n’est pas définitivement signé. Il devrait y avoir au moins trois Espagnols la saison prochaine. Depuis tout petits, on leur inculque le sens du collectif, un jeu où on fait bouger la balle et où le QI basket est important. Ils ont ça dans le sang en quelque sorte et c’est ce que j’affectionne. Ce que je voulais aussi, ce sont des mecs qui ont des choses à prouver, qui veulent retrouver un niveau qu’ils n’ont plus connu depuis quelques saisons. 

TL: Côté français, on accueille notamment Alexis Desespringalle qui arrive de Quimper, Kévin Thalien qui jouait à Tarbes, et Louis Cassier, un jeune qui vient d’être élu meilleur intérieur espoir à Reims. On espère que ça va prendre. On a su gagner des spectateurs et même des supporters. La salle s’est enflammée plusieurs fois cette saison, alors qu’on a dunké quoi? Trois ou quatre fois… On aimerait que ça continue. Et même si la Pro B reste un championnat très physique, on est convaincu qu’un autre basket existe. 

 

 

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