Entretien avec Ludovic Pouillart avant Paris

jeudi 08 avril 2021

Pro B

Le BCGO est de mieux en mieux. Avec 4 victoires lors des 6 derniers matchs, les griesois gagnent des places au classement. Après 2 matchs à l’extérieur, retour à la maison pour Ludovic Pouillart et son équipe, avec la réception de Paris puis Nantes. On fait le point avec le coach des verts et noirs.

Deux rencontres à domicile qui arrivent contre des grosses équipes, quel est l’état d’esprit avant ces rendez-vous ? 

Aujourd’hui on prend match après match. On verra après la suite mais c’est vrai que c’est deux grosses équipes qui annoncent clairement ce qu’elles veulent, c’est monter. La qualité des effectifs n’est plus à débattre. Paris c’est le plus gros budget de la Pro B, Nantes fait partie du top 5. On doit se concentrer sur nous. Et puis être aussi performants que l’on a pu être ces 2 derniers matchs, en essayant de monter étape par étape un peu plus haut. Et gagner en qualité match après match. Parce qu’on est encore loin de notre niveau physique d’avant-covid. Ça se voit sur 1 ou 2 joueurs. Et puis baskettement parlant plus la saison va avancer plus on se rapprochera de ce qu’on est capable de faire de mieux. Contre Paris il faudra être encore meilleurs que contre Poitiers.

Si physiquement vous n’êtes pas encore à 100%, on voit quand même des progrès dans le jeu ?

Les gens qui me suivent depuis plusieurs années savent que je suis un partisan d’un jeu assez propre, assez léché ou le partage est présent. On est de mieux en mieux mais on peut être encore bien plus fort. Ce qui m’étonne c’est que sur les 3 derniers matchs on tourne à 97 points/m. C’est assez étonnant car ça arrive vite. Maintenant on a encore une énorme marge de progression. Tant mieux ça veut dire que le potentiel est là. Mais on n’est pas l’abri que contre une équipe qui impose un défi physique énorme, de ne pas pouvoir le contrôler et le gérer. Parce qu’on ne peut pas y répondre et que tactiquement il y ait des trucs qui ne fonctionnent pas. Là où je suis très fier des gars aujourd’hui c’est qu’à chaque fois que je propose un plan tactique sur les derniers matchs, mise à part Fos où on ne pouvait clairement pas jouer, tous les autres matchs se sont soldés par une victoire, à part 1 où on nous l’enlève. Donc pour l’instant on arrive à gagner sur le plan tactique. Il faut qu’on arrive à continuer vendredi contre Paris. Si on arrive à les dominer tactiquement, il y aura surement cette dimension physique et athlétique à prendre en compte. Parce que c’est une des meilleures dans ce domaine en Pro B. Ça sera un autre défi que Poitiers, un peu plus dans le type de Vichy. D’ailleurs on a vu que ça s’est joué à rien entre les deux équipes. Elles étaient au coude à coude, Vichy à même mené de 15 points pendant le match. Paris avec une zone presse et 40 minutes de défense tout terrain a réussi à renverser et gagner sur la fin de match. Le score (86-96 pour Paris) ne reflète pas le match car c’était encore très serré à quelques secondes de la fin. C’est des équipes qui sont relativement très proches. A nous de trouver la clé tactique pour renverser Paris. 

Les cadres Filip Adamovic et Kevin Dinal par exemple ont clairement assumé leurs rôles lors du dernier match. Ça sera une des clés demain ?

On n’est pas non plus 18 dans l’équipe donc il faut que chacun joue à son niveau. Il ne faut pas oublier que les deux derniers matchs on les a joués sans Louis Cassier. Il y a 50% voir même 40% de chance qu’il joue demain. Il a un lumbago, ce n’est pas grave mais ça fait hyper mal. Le seul problème de cette blessure c’est qu’il faut du temps. Et malheureusement du temps manque quand tu as 3 matchs par semaine. Je croise les doigts pour qu’il soit là parce que dans un combat comme celui qui nous attend contre Paris ça serait agréable de l’avoir. Maintenant s’il n’est pas là on a vu que Jacques Eyoum contre Poitiers avait mis le bout de son nez à la fenêtre, et très bien. C’est aussi la richesse d’un groupe. Il faudra trouver des solutions de toute façon si Louis n’est pas là. Si on le prend ça sera une nouvelle fois sur le côté tactique. On fait beaucoup de travail vidéo pour compenser le manque d’entrainements et de vécu qu’on a ensemble. 

Quelles seront les clés tactiques justement ? 

Ah ça je ne vais pas pouvoir le dire avant le match ! Il rigole. On essaie d’avoir des trucs forts pour créer une surprise et poser des vrais problèmes à nos adversaires. Aujourd’hui c’est la clé depuis qu’on est revenu du covid. On va essayer encore demain. Pour synthétiser c’est d’emmener Paris dans quelque chose de nouveau pour eux. Et du coup de leur proposer des nouveaux problèmes. Est-ce qu’ils pourront passer au-delà des problèmes je n’en doute pas vu la qualité des joueurs. Mais ça pourra nous donner à nous une petite fenêtre pour passer. Cette fenêtre là si elle se présente il faudra qu’on la prenne et qu’on passe. Ça sera qu’à cette condition car je le répète que physiquement on n’y est pas encore, et on n’a pas encore assez de vécu ensemble pour être performant tout de suite. Il faut qu’on soit plus fort tactiquement. On va faire beaucoup de technico-tactique. Ce qui va nous faire du bien c’est qu’on est à la maison pendant 5 jours. Ça peut faire du bien au niveau de la fraicheur parce que là on a quand même fait 35 heures de bus en 5 jours. Et forcément c’est long. Mais c’est comme ça. En même temps on passe du temps ensemble. Donc il y a des côtés positifs à ça et des négatifs. 

D’ailleurs par rapport à l’ambiance, on a encore senti à Poitiers une vraie joie de jouer ensemble au sein de l’équipe. Comment tu le vis de l’intérieur ?

J’adore le bus pour ça. Pas pour moi hein ! Le bus pour moi c’est très long parce que je ne partage pas ce moment avec les joueurs. Je suis très souvent face aux paysages de l’autoroute. Mais t’entends les gars qui vivent ensemble et pour moi c’est le plus important ! On n’a pas eu l’occasion de faire ça et ça se ressent. Les gars commencent à se connaitre et ça se ressent. Chacun rentre dans sa case, comprend son rôle basket et extra-basket. Ça y a que le temps qui te le donne. Bien sûr le travail, la rigueur, ceux qui me connaissent savent que je suis dur avec mes joueurs. Mais il y a aussi le temps qui est important. 

 

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